GAËLLE BOUCAND

GONE TO CROATAN I PARTIS POUR CROATAN

HD I 60min I 2010
exhibition version : 9 videos of about 10 minutes each

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SYNOPSIS

EN — An international community of friends meets in the middle of a never-ending party during which night never falls. A liberated enclave becomes more and more hermetic, divided from the world that surrounds it and a unique form of being together appears within the group.

FR — Une communauté internationale de raveurs se retrouve au cœur d’une fête sans fin où la nuit ne tombe jamais. Naît alors une enclave libre de plus en plus hermétique au monde qui l’entoure et une façon singulière d’être ensemble apparait au sein du groupe.

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EXCERPT

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Direction, cinematography & sound
GAËLLE BOUCAND

Editing
GAËLLE BOUCAND

Support
PARIS MUSEUM OF MODERN ART I PARIS MUSÉES

Distribution
redshoes I SOMESHOES

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EN — The Temporary Autonomous Zone, Hakim Bey (excerpt)
"We were taught in elementary school that the first settlements in Roanoke failed; the colonists disappeared, leaving behind them only the cryptic message "Gone To Croatan." Later reports of "grey-eyed Indians" were dismissed as legend. What really happened, the textbook implied, was that the Indians massacred the defenseless settlers. However, "Croatan" was not some Eldorado; it was the name of a neighboring tribe of friendly Indians. Apparently the settlement was simply moved back from the coast into the Great Dismal Swamp and absorbed into the tribe. And the grey-eyed Indians were real--they're still there, and they still call themselves Croatans.
So--the very first colony in the New World chose to renounce its contract with Prospero (Dee/Raleigh/Empire) and go over to the Wild Men with Caliban. They dropped out. They became "Indians," "went native," opted for chaos over the appalling miseries of serfing for the plutocrats and intellectuals of London.
As America came into being where once there had been "Turtle Island," Croatan remained embedded in its collective psyche. Out beyond the frontier, the state of Nature (i.e. no State) still prevailed--and within the consciousness of the settlers the option of wildness always lurked, the temptation to give up on Church, farmwork, literacy, taxes-- all the burdens of civilization--and "go to Croatan" in some way or another."

FR — Zone Autonome Temporaire, Hakim Bey (extrait)
À l'école primaire on a appris aux Américains que les premières colonies de Roanoke avaient échoué ; les colons disparurent, ne laissant derrière eux que ce message cryptique: «Partis pour Croatan». Des récits ultérieurs d'«indiens-aux-yeux-gris» furent classés légendes. Les textes laissent supposer que ce qui se passa véritablement, c'est que les indiens massacrèrent les colons sans défense. Pourtant «Croatan» n'était pas un Eldorado, mais le nom d'une tribu voisine d'indiens amicaux. Apparemment la colonie fut simplement déplacée de la côte vers le Grand Marécage Lugubre et absorbée par cette tribu. Les indiens-aux-yeux-gris étaient réels - ils sont toujours là et s'appellent toujours les Croatans.
Ainsi - la toute première colonie du Nouveau Monde choisit de renoncer à son contrat avec Prospero (Dee/Raleigh/l'Empire) et de suivre Caliban chez l'Homme Sauvage. Ils désertèrent. Ils devinrent «Indiens», «s'indigénèrent» et préférèrent le chaos aux effroyables misères de la servitude, aux ploutocrates et intellectuels de Londres.
Là où se trouvait jadis l'«Île de la Tortue», l'Amérique venait au monde, et Croatan resta enfouie dans sa psychè collective. Par-delà la frontière, l'état de nature (i.e. l'absence d'État) prévalut - et dans la conscience du colon, l'option de l'étendue sauvage était toujours latente, la tentation de laisser tomber l'église, le travail de la ferme, l'instruction, les impôts - tous les fardeaux de la civilisation et de «partir pour Croatan» d'une manière ou d'une autre.